05/12/2014 : Ma souffrance m'appartient.
(Précisions : je vais m'adresser dans le vide, à une personne qui ne lira sûrement jamais mon article car elle ne connaît même pas mon blog)
Chère fausse amie,
Il y a un temps, je me suis confiée à toi, te croyant mon amie. Je t'ai dit que j'avais mal, je t'ai donné les raisons de ma tristesse et j'ai cherché en toi un peu de réconfort. Tu n'étais peut-être toi-même pas en condition pour m'en donner et je ne te blâme pas pour cela. J'aurai même préféré que tu oses admettre que tu ne te sentais pas capable de m'épauler.
Au lieu de ça, tu as préféré me juger. Tu m'as dit que les raisons de mes souffrances n'étaient pas justifiées. Tu m'as dit que certaines personnes vivaient des choses plus graves que moi. Tu m'as dit que ce que je vivais était banale et que par conséquent je n'avais pas à m'en plaindre. Tu m'as dit que ta vie était bien pire que la mienne et que donc je n'avais pas le droit de m'exprimer.
A partir de ce jour, nous ne nous sommes plus parlé. Nous n'avons plus été amies.
Trois ans se sont écoulées. Nos vies ont changé, je te croise parfois, je pense à tout ce que je n'ai jamais osé te dire.
Si je pouvais revenir en arrière, je te dirai à quel point tes paroles m'ont déçues. Qui es-tu pour juger de ce qui mérite qu'on s'attriste ou non ? N'ai-je pas le droit d'avoir mal ? Y a t'il une loi qui m'interdit de pleurer sous prétexte que mon voisin vit des choses plus graves que moi ? Te crois-tu capable de définir en toute objectivité les degrés de souffrance ? Qui es-tu pour décider qui est plus malheureux que l'autre ? Suis-je la seule à trouver ce concept de "rivalité dans le malheur" malsain ?
J'ai compris, toi aussi tu avais mal. Peut-être que je n'étais pas assez à l'écoute de tes propres problèmes. Peut-être t'es-tu sentie vexée car à ce moment donné, on avait arrêté de parler de ta vie, pour parler de la mienne. Souffrir peut te faire oublier le monde qui vit autour de toi et non pas en fonction de toi. J'aurai aimé que tu en ais autant conscience que moi.
J'aimerai pouvoir te dire une dernière chose, ma souffrance m'appartient et tu ne pourras jamais me refuser cela.
Ps : rassurez-vous cet article a été écrit il y a longtemps, j'ai attendu de prendre assez de recul pour le publier. La souffrance morale est un sujet que je souhaite évoquer même s'il n'est pas des plus attrayants car je sais que grand nombre d'entre nous culpabilisent d'être malheureux à certains instants de leur existence. On ne peut pourtant pas échapper aux événements douloureux de notre vie et il est important, selon moi, d'accepter d'être triste pour pouvoir se relever.